Ramzi Boukhiam sur le podium de Teahupo’o

Accueil / Ramzi Boukhiam sur le podium de Teahupo’o

À Tahiti, sur l’une des vagues les plus lourdes du monde, Ramzi Boukhiam a battu le numéro un mondial et signé le meilleur heat de sa carrière. Retour sur une troisième place qui rappelle à tout le Maroc jusqu’où on peut aller.

Dris Mhammedi, Team Manager Rip Curl Maroc · 16 août 2026 · 6 min de lecture


Teahupo’o intimide même les meilleurs surfeurs de la planète. Un mur d’eau épais qui casse sur un récif à fleur d’eau, à Tahiti, l’une des vagues les plus lourdes du calendrier mondial. C’est là, sur ce monstre, que Ramzi Boukhiam vient de monter sur le podium de l’Outerknown Tahiti Pro, septième étape du Championship Tour 2026.

Comme team manager chez Rip Curl Maroc, je passe mes journées autour du surf marocain. Cette semaine-là, on avait tous les yeux rivés sur les écrans.

Un parcours qui force le respect

Ramzi est entré dans la compétition en patron. Premier tour : il élimine l’Australien Oscar Berry. Deuxième tour : il sort Leonardo Fioravanti, l’Italien alors numéro un mondial, 15,67 contre 13,50, avec deux vagues à 8,17 et 7,50. Un exploit, à ce niveau et sur cette vague.

Il enchaîne face au Brésilien João Chianca, deux ans après leur duel aux Jeux de Paris sur ce même spot. Ramzi trouve une gauche tardive, plonge dans un tube profond pour un 8,00, et s’impose 14,00 à 9,10. Direction les quarts.

Et c’est là qu’il a atteint le sommet de sa carrière. Face à l’Australien George Pittar, il a posé un 9,57 et un 8,17, pour un total de 17,74. Le meilleur score en série de toute sa carrière sur le Championship Tour, avec près de neuf points d’avance. Une démonstration.

Au fil des séries, il l’a résumé simplement : « Je me sens bien, je trouve un bon flow ici. »

Son parcours s’est arrêté en demi-finale, sur une troisième place. À une marche de sa première finale sur le circuit.

Ce qui rend cette performance immense

Le score, déjà. Sortir le numéro un mondial sur la vague la plus exigeante du calendrier, ça arrive à très peu de monde.

Le contexte, ensuite. Teahupo’o compte parmi les vagues les plus lourdes et les plus intimidantes de la planète. Ramzi la surfe en goofy, en frontside, face au mur, et il en a fait une force.

Le sang-froid, surtout. Teahupo’o récompense celui qui garde son calme quand tout hurle autour de lui. Ramzi a gardé la tête froide, vague après vague, jusqu’au bout.

Il continue d’écrire l’histoire du surf marocain

Ce podium prolonge une trajectoire rare. Ramzi est le premier Marocain à rejoindre le Championship Tour, le premier Arabe à se qualifier pour le circuit mondial, double olympien à Tokyo et Paris, et vice-champion du monde ISA en 2024. Sur ce même Teahupo’o, il avait déjà atteint les demi-finales en 2024, l’année où le spot accueillait les épreuves olympiques.

La Fédération Royale Marocaine de Surf a salué la performance. Le pays entier l’a suivie. À chaque vague qu’il prend là-bas, Ramzi porte les couleurs du Maroc sur les plus grosses vagues du monde.

Ce que ça change pour la relève

Voilà pourquoi ce résultat compte autant pour nous, bien au-delà d’un classement.

Chaque grom marocain qui a regardé cette semaine vient de recevoir la preuve la plus puissante qui soit : c’est possible. Un gamin d’Agadir a battu le numéro un mondial à Teahupo’o. Ce que Ramzi a ouvert en avançant, toute une génération peut désormais le suivre.

Chez Rip Curl Maroc, on construit exactement pour ça : détecter les jeunes talents, les accompagner, leur donner l’écosystème qui transforme une envie en trajectoire. Ramzi montre le sommet. Notre travail, c’est de bâtir le chemin pour celles et ceux qui montent derrière lui.

Bravo Ramzi. Tu fais rêver tout un pays, et tu allumes la prochaine vague de surfeurs marocains.

The Search est en marche.