Soukaina a choisi l’océan

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Ingénieure en sciences alimentaires et nutritionnelles, business florissant, tout le décor de la réussite. Puis elle a réorganisé sa vie autour d’une seule chose, le surf. Voici pourquoi je suis allé la chercher pour rejoindre la team Rip Curl Maroc.

Dris Mhammedi · 16 août 2026 · 8 min de lecture


Une partie de mon travail chez Rip Curl Maroc, c’est de choisir qui porte nos couleurs.

Quand je construis notre équipe d’ambassadeurs, je cherche une chose précise : des personnes qui vivent le surf comme un mode de vie et qui font grandir la culture autour d’elles. Des gens dont l’histoire donne envie à d’autres d’entrer dans l’eau. Soukaina est exactement ça. La première fois que j’ai entendu son parcours, j’ai su qu’elle avait sa place dans la team.

À 36 ans, entrepreneure et mère de deux enfants, la première chose que Soukaina te dira d’elle, c’est qu’elle est surfeuse. Comme une identité, celle qui a réorganisé toute sa vie, personnelle et professionelle, autour de sa passion: le surf.

Démonter un scénario tout tracé

Le chemin pour en arriver là a demandé de démonter un scénario très précis: « Tu travailles dur, tu décroches ton bac avec mention, tu vises une grande école ou une prépa, tu deviens médecin, ingénieur, architecte, professeur. Tu sécurises ta vie ». Soukaina a suivi ce schéma longtemps : un cursus scientifique, un diplôme d’ingénieur, des années dans le salariat, et un business innovant dans la nutrition qui marchait très bien sur tous les indicateurs. L’argent rentrait, la sécurité était là, et pourtant son cœur regardait ailleurs.

Le Covid est arrivé quand elle avait 30 ans. Elle a fait le calcul. Demain c’est 40 ans, puis 50, et ça va plus vite qu’on ne le croit. Un jour, dans le tourbillon de la vie entre parents, enfants, emplois du temps et toutes les responsabilités, elle a pris du recul et s’est posé la vraie question : qu’est-ce que je veux vraiment faire vraiment ? «Ce qui me passionne. Ce qui m’anime! »

Le jour où le surf a changé toute une famille

Soukaina a grandi dans une maison où la plage lui était interdite seule. La logique protectrice de sa mère était celle de beaucoup : l’océan est dangereux, synonyme de noyade, un endroit à éviter. Alors elle restait loin de l’eau, sauf en été, en famille, quand la mer était calme.

À 21 ans, elle voit une fille plus jeune de six ans surfer, avec une aisance qui rend la chose entièrement possible. Inspirée, elle s’inscrit au seul club de la région à l’époque, réserve six séances, et la première a suffi à tout déclencher. À cette époque, tout le Maroc ne comptait qu’une dizaine de surfeuses. Dès cette session, un déclic s’est déclenché et l’envie de continuer a pris toute la place.

Ce premier jour reste l’un des plus marquants de sa vie, pour elle et pour ce qu’il a ouvert dans sa famille. La peur de l’océan chez sa mère s’est dissoute et s’est transformé en fierté. Le rapport que ses enfants ont aujourd’hui avec l’eau vient de ce basculement. Elle a surfé enceinte. Elle a emmené ses enfants à la plage dès leur naissance et les a initié au surf très jeunes. L’océan est devenu une passion commune à la maison.

Lire les vagues comme on lit la vie

Demande à Soukaina ce que le surf lui a appris, et elle te le décrit avec passion. Pour rejoindre le peak, l’endroit d’où tu prends la vague, tu dois d’abord ramer à travers la barre. Ce chemin a ses obstacles. Tu arrives, tu lis l’horizon, tu observes les séries qui approchent, tu anticipes. Puis une vague arrive. Certaines promettent beaucoup et se dérobent au dernier moment. 

Tu peux laisser passer une vague. La suivante est déjà en route. Et elle est souvent meilleure

Appliqué à tout ce qui se passe hors de l’eau, c’est sa façon de penser les virages de carrière, un entretien réussi sur le papier qui repart sans offre, les deux années de travail de fond avant que son projet actuel ne devienne réel. Les obstacles sur le chemin du peak font partie du processus. Comme dans la vraie vie.

WAW : vague après vague

Pendant deux ans, elle a construit un projet qu’elle appelle WAW. Un acronyme, et aussi une sensation qu’elle veut offrir aux gens. Wave after wave, vague après vague : la vie et la croissance avancent par séries, comme la houle.

WAW, c’est un club de surf pensé pour accueillir tout le monde, tous les milieux, toutes les nationalités, tous les âges, tous les budgets. Des enfants de quatre ans, des adultes de 56 ans qui surfent à côté de leur ado de 17. Des gens arrivés sans savoir nager et qui ont appris grâce à la motivation que le surf leur a donnée. Le cœur du projet, c’est la communauté : les codes partagés, l’effet direct sur le corps et le moral, la façon dont tu es présent pour ta famille.

Le van, et l’art des vraies priorités

La culture du van de surf restait à inventer au Maroc quand Soukaina a acheté un van d’occasion pour le convertir en camper van, en famille. Elle l’avait vue en Espagne et au Portugal. Elle voulait continuer à surfer comme elle l’entend, en gardant les mains libres au lieu de traîner dix sacs et un parasol sur le sable à chaque sortie. Alors elle a construit la solution elle-même. Elle a gardé sa petite voiture. Elle a réorganisé ses priorités autour de ce qui fait vraiment tenir sa vie. Et a voyagé en famille autour du monde à petit budget. 

Vivre selon ses propres termes

L’un de ses messages les plus clairs : dépenser pour ce qui compte vraiment, plutôt que pour les apparences, la mise en scène d’une vie. Les standards des réseaux pointent vers la maison avec jardin, la piscine, la voiture neuve, l’hôtel all inclusive avec kids club. La vraie question, c’est de savoir si tout ça colle à ta vie à toi.

Sa version : des vêtements vintage, des sandwichs sur la plage plutôt que les restaurants, un barbecue ou un tajine avec tout le monde réunis, des centaines de vraies journées de plage dans l’année. L’économie est réelle. Le bonheur aussi. Ses propres termes coûtent moins cher et la rendent plus heureuse que la mise en scène du confort selon les codes des autres.

Commence par ce qui te plaît, et construis à partir de tes propres moyens.

Un parcours assumé, virages compris

Elle tient à le dire : elle est encore en chemin. Le projet continue, et elle assume chaque étape. Ce qu’elle a fait, c’est avancer en commettant sa part d’erreurs, et elle les revendique comme faisant partie de l’histoire.

Partager son processus ouvertement sur ses réseaux lui a apporté des choses inattendues : des prières, des messages, des encouragements, des mains tendues par des gens qui ont trouvé le moyen d’aider à distance. En parler a ouvert des portes. Un soutien administratif, des connexions institutionnelles et un horizon plus large sont venus de sa volonté de dire, à voix haute, que le chemin serpentait.

La vie de chacun avance par séries. Quand tu vois quelqu’un réussir, apprends de lui, et trace ta propre route vers là où tu veux aller.

« Trouve un moyen d’arriver là où tu veux sans envier ni te comparer. »

Voilà son principe de fonctionnement : garder la foi, suivre le courant, toujours se relever, et continuer à avancer vers là où on veut être. Ce n’est pas grave d’échouer, l’essentiel est de ne jamais abandonner. La prochaine vague est déjà à l’horizon. Et elle est probablement meilleure.

Pourquoi elle porte nos couleurs

Voilà pourquoi je suis allé chercher Soukaina.

Chez Rip Curl Maroc, nos ambassadeurs portent la culture surf marocaine dans le quotidien. Ils montrent que la marque est un mode de vie et une communauté. Soukaina incarne ça mieux que personne. Une femme au premier plan, là où le surf en met encore trop peu en lumière. Une mère qui rappelle qu’il est toujours temps de tracer sa trajectoire dans l’eau et dans la vie. Une bâtisseuse qui a créé, de ses mains, un espace où un enfant de quatre ans et un adulte de cinquante partagent la même vague.

Son histoire, c’est The Search dans sa forme la plus vraie : chercher sa route, hors des sentiers battus, et ramener les autres avec soi. Elle vit exactement ce qu’on veut faire grandir ici. C’est un honneur de l’accueillir dans la team.

Vague après vague.